Zones Humides : des écosystèmes riches mais menacés
Les zones humides de la Nouvelle-Aquitaine constituent des écosystèmes très variés du point de vue morphologique et écologique. Cette richesse s'exprime également à travers la fourniture de nombreux services au territoire. Cependant, les dynamiques fonctionnelles des zones humides sont peu à peu menacées par le changement climatique, ce qui implique de reconsidérer à l'avenir leur rôle dans le développement du territoire. À l'aide d'une typologie exprimée en termes d'état et de pressions, les zones humides de Nouvelle-Aquitaine sont analysées pour rendre compte des principaux facteurs susceptibles d'impacter leur profil et leur évolution à long terme au niveau des fonctions et des services associés. Étant donnée la diversité des zones humides présentes dans la région, un exercice de prospective n'a pas pu être mené dans le détail pour tous les types de zones humides. La prospective la plus aboutie, développée ici concerne les marais rétro-littoraux et les lagunes/estuaires, afin de mesurer l'influence des impacts du changement climatique. Finalement, la dynamique de ces écosystèmes est à la fois déterminée par des facteurs naturels (changement dans les communautés planctoniques, submersion marine...) et par des facteurs socio-économiques (rôle des zones humides dans les services écosystémiques, aménagement, gestion intégrée des ressources en eau...). Dans ce contexte, il apparaît essentiel d'approfondir nos connaissances fondamentales, de disposer d'outils/indicateurs pour identifier les transformations des zones humides et de leurs usages, et d'entreprendre l'évaluation de ces socioécosystèmes particuliers à la fois en termes de patrimoine biologique et de services délivrés à la société.
(pp. 331-361, 29/04/2026)
UR EABX, IRSTEA, LIENSs, INSU - CNRS, ULR, CNRS, GREThA, UB, CNRS, GEOLAB, UBP, IR SHS UNILIM, UNILIM, UCA [2017-2020], CNRS, UCA, EPOC, EPHE, PSL, UB, INSU - CNRS, CNRS
Mélanges complexes de pesticides dans les cours d'eau de zones viticoles mis en évidence par l'échantillonnage passif
Les pesticides sont utilisés à grande échelle dans le monde entier pour combattre les maladies fongiques, les plantes adventices, les insectes et autres organismes nuisibles. Les ventes de matières actives phytosanitaires sont estimées à environ 68 000 tonnes dont 28 000 tonnes de fongicides. Face à l'omniprésence des pesticides, il demeure crucial d'évaluer précisément la contamination des écosystèmes aquatiques par ces substances et métabolites et ainsi caractériser l'exposition des organismes. L'évaluation de l'exposition est en effet un préalable indispensable à l'élaboration de méthodes de mesures de risque fiables. Les pratiques culturales et phytosanitaires, la fréquence et la durée des ruissellements, l'importance des réseaux de drainage entraînent des fluctuations de courte durée des concentrations en pesticides. Ces fluctuations limitent la capacité de l'échantillonnage ponctuel à capturer les pics de concentration (exposition aiguë) ou à représenter avec un niveau de confiance acceptable les concentrations moyennes (exposition chronique). Une approche pour surmonter ces limites est l'utilisation d'un échantillonneur passif intégrateur de composés organiques polaires (POCIS - Polar Chemical Integrative Sampler) qui caractérise l'exposition chronique à des produits chimiques relativement solubles. Dans cette étude menée dans le vignoble bordelais, les concentrations de 200 pesticides et métabolites ont été mesurées dans les cours d'eau d'un site expérimental d'environ 830 ha localisé sur la rive droite de l'estuaire de la Gironde. L'activité agricole prépondérante dans le site est la viticulture (75 % de la surface agricole utile) associée à l'utilisation de fongicides. Les points de suivi sont localisés sur un tributaire de la Gironde (la Livenne) et sur un ruisseau (les Souches) drainant les eaux de parcelles viticoles vers ce tributaire (Figure 1). Afin de caractériser les niveaux de contamination des eaux de surface, 72 échantillonneurs passifs de type POCIS ont été déployés entre janvier et décembre 2017 pour évaluer l'exposition cumulée sur 30 jours des 6 points de suivi aux pesticides polaires et semi-polaires. Des échantillons d'eau ont été collectés mensuellement ou bimensuellement parallèlement au déploiement des POCIS pour permettre la comparaison des résultats obtenus par échantillonnages passifs et ponctuels. Les pesticides ont été élués de la phase des POCIS à l'aide de méthanol et de dichlorométhane. Les pesticides et certains de leurs métabolites ont été extraits des échantillons d'eau par microextraction en phase solide (SPME) ou extraction en phase solide (SPE), en fonction des composés, puis quantifiés par LC-MS/MS et GC-MS/MS (dilution isotopique).
(pp. 3, 29/04/2026)
EPOC, EPHE, PSL, UB, INSU - CNRS, CNRS, UR ETBX, IRSTEA
Relative Contribution of Wave Setup to the Storm Surge: Observations and Modeling Based Analysis in Open and Protected Environments (Truc Vert beach and Tubuai island)
(29/04/2026)
BRGM, IFREMER, DYNECO, IFREMER, EPOC, EPHE, PSL, UB, INSU - CNRS, CNRS
Un diagnostic territorial pour comprendre et identifier les sources de micropolluants dans les eaux urbaines
(29/04/2026)
LyRE, EPOC, EPHE, PSL, UB, INSU - CNRS, CNRS, INERIS, UB, MCC, UPPA, UBM, CNRS, UR ETBX, IRSTEA, CIRSEE
Premier signalement de l'espèce non indigène Neomysis americana (Crustacé : Mysidacé) dans l'estuaire de la Seine (Normandie, France)
Le mysidacé Neomysis americana (S.I. Smith, 1873), espèce originaire de la côte est d’Amérique du Nord, a été signalé pour la première fois dans les eaux européennes aux Pays-Bas il y a 8 ans. Cette espèce a été observée pour la première fois sur les côtes françaises dans l’estuaire de la Seine (Normandie) en 2017. Comme pour les Pays-Bas, cette espèce a probablement été introduite sur la côte française avec le transport maritime dans des eaux de ballast.
(An Aod - Les cahiers naturalistes de l’Observatoire marin. vol. 6, n° 2263-5718, pp. 7-16, 29/04/2026)
PatriNat, MNHN, CNRS, AFB, CSLN, ULH, NU, EPOC, EPHE, PSL, UB, INSU - CNRS, CNRS
Deglacial to postglacial history of Nares Strait, Northwest Greenland: a marine perspective from Kane Basin
A radiocarbon-dated marine sediment core retrieved in Kane Basin, central Nares Strait, was analysed to constrain the timing of the postglacial opening of this Arctic gateway and its Holocene evolution. This study is based on a set of sedimentological and geochemical proxies of changing sedimentary processes and sources that provide new insight into the evolution of ice sheet configuration in Nares Strait. Proglacial marine sedimentation at the core site initiated ca. 9.0 cal ka BP following the retreat of grounded ice. Varying contributions of sand and clasts suggest unstable sea ice conditions and glacial activity, which subsisted until ca. 7.5 cal ka BP under the combined influence of warm atmospheric temperatures and proglacial cooling induced by the nearby Innuitian (IIS) and Greenland (GIS) ice sheets. An interval rich in ice-rafted debris (IRD) is interpreted as the collapse of the ice saddle in Kennedy Channel ca. 8.3 cal ka BP that marks the complete opening of Nares Strait and the initial connection between the Lincoln Sea and northernmost Baffin Bay. Delivery of sediment by icebergs was strengthened between ca. 8.3 and ca. 7.5 cal ka BP following the collapse of the buttress of glacial ice in Kennedy Channel that triggered the acceleration of GIS and IIS fluxes toward Nares Strait. The destabilisation in glacial ice eventually led to the rapid retreat of the GIS in eastern Kane Basin at about 8.1 cal ka BP as evidenced by a noticeable change in sediment geochemistry in our core. The gradual decrease in carbonate inputs to Kane Basin between ∼ 8.1 and ∼ 4.1 cal ka BP reflects the late deglaciation of Wash-ington Land. The shoaling of Kane Basin can be observed in our record by the increased winnowing of lighter particles as the glacio-isostatic rebound brought the seabed closer to subsurface currents. Reduced iceberg delivery from 7.5 to 1.9 cal ka BP inferred by our dataset may be linked to the retreat of the bordering ice sheets on land that decreased their number of marine termini.
(Climate of the Past. vol. 14, n° 1814-9324, pp. 1991-2010, 29/04/2026)
EPOC, EPHE, PSL, UB, INSU - CNRS, CNRS, ULaval, INSU - CNRS, CNRS, CEN, ULaval, ISMER, UQAR
Contamination externe des agriculteurs et contamination environnementales par les produits phytosanitaires en arboriculture : de la compréhension des pratiques à la prévention des cancers (projet CANEPA)
La France, dont la moitié du territoire est dédiée à l'agriculture, se situe au premier rang européen des utilisateurs de produits de protection des plantes (PPP). La question des PPP sur la santé est un sujet de préoccupation croissante pour les professionnels agricoles, qui sont plus d'1 millions à être au contact direct ou indirect de pesticides, mais également du point de vue environnemental. En effet, s'ils ont permis un grand progrès en augmentant les rendements de la production alimentaire, leurs conséquences sur l'environnement ou la santé humaine sont désormais avérées. Le projet pluridisciplinaire CANEPA constitue une opportunité unique de rassembler les thématiques Environnement et Santé autour de la question des impacts liés à l'exposition aux pesticides. Il se propose de comprendre les déterminants de la contamination des travailleurs agricoles et des écosystèmes et d'envisager comment une réduction des usages des produits phytosanitaires est susceptible de s'accompagner à la fois d'une diminution de l'impact sur les écosystèmes et d'une réduction des expositions des travailleurs. Pour cela, l'étude CANEPA a été menée sur deux années consécutives (2016-2017) dans le but de renseigner les expositions des personnes travaillant dans les vergers de pommiers. Au total, plus de 150 observations ont été effectuées sur le terrain (31 observations de traitement, 66 observations de réentrées et 51 récoltes) dans 30 exploitations agricoles sur trois zones de production (Normandie, Rhône-Alpes et Sud-Ouest). L'exposition professionnelle a été étudiée par la pose de patches (au nombre de 11) au contact de la peau et par l'utilisation de gants en coton pour les mains, afin de recueillir les expositions cutanées des travailleurs en condition normale de travail. Pour les traitements, des pompes ont été placées pour collecter les expositions respiratoires. Au total, plus de 3000 patches ont été collectés au cours de ces deux années d'étude. Des vidéos ont été prises pour chaque observation afin de renseigner au mieux les sources d'expositions. En parallèle, un volet agronomique a été mis en place à l'aide d'enquêtes auprès des pomiculteurs, d'organismes professionnels et de centres techniques expérimentaux, afin de connaître les systèmes de production, les pratiques culturales et les règles de décision en matière de protection phytosanitaire du verger. Les sources potentielles d'exposition ont été recherchées par le prélèvement de nombreux échantillons. Les résidus de pesticides à la surface des pommes et des feuilles ont été déterminés. Des prélèvements à l'aide de lingettes ont également été effectués pour échantillonner le matériel manipulé par les travailleurs. Enfin, des préleveurs atmosphériques bas-débits ont été utilisés pour contrôler la qualité de l'air à l'intérieur de la salle de préparation de pesticides et à l'intérieur de la cabine du tracteur. La contamination environnementale a également été étudiée par la mise en place d'échantillonneurs passifs atmosphériques et aquatiques (périodicité mensuelle) et par des prélèvements ponctuels d'eaux et de sols. Enfin, des échantillons d'urine et des mèches de cheveux ont été collectés en tant que témoin d'exposition. L'analyse des échantillons par des nouvelles méthodologies analytiques très sensibles, développées au laboratoire, permettra de mettre en évidence les quantités de PPPs sur les différents échantillons collectés (principalement Captane et Dithianon qui sont les deux fongicides les plus utilisés contre la tavelure en vergers de pommiers). Le but in fine est de mieux comprendre les déterminants de la contamination des travailleurs et des écosystèmes et de proposer des mesures concrètes aux agriculteurs pour une réduction de leur exposition aux PPPs. Les indicateurs d'exposition élaborés au cours de ce projet seront utiles pour les futures études épidémiologiques.
(pp. 2, 29/04/2026)
EPOC, EPHE, PSL, UB, INSU - CNRS, CNRS, INSERM, UR ETBX, IRSTEA
Bioactive extracellular compounds produced by the dinoflagellate Alexandrium minutum are highly detrimental for oysters
Blooms of the dinoflagellate Alexandrium spp., known as producers of paralytic shellfish toxins (PSTs), are regularly detected on the French coastline. PSTs accumulate into harvested shellfish species, such as the Pacific oyster Crassostrea gigas, and can cause strong disorders to consumers at high doses. The impacts of Alexandrium minutum on C. gigas have often been attributed to its production of PSTs without testing separately the effects of the bioactive extracellular compounds (BECs) with allelopathic, hemolytic, cytotoxic or ichthyotoxic properties, which can also be produced by these algae. The BECs, still uncharacterized, are excreted within the environment thereby impacting not only phytoplankton, zooplankton but also marine invertebrates and fishes, without implicating any PST. The aim of this work was to compare the effects of three strains of A. minutum producing either only PSTs, only BECs, or both PSTs and BECs, on the oyster C. gigas. Behavioral and physiological responses of oysters exposed during 4 days were monitored and showed contrasted behavioral and physiological responses in oysters supposedly depending on produced bioactive substances. The non-PST extracellular-compound-producing strain primarily strongly modified valve-activity behavior of C. gigas and induced hemocyte mobilization within the gills, whereas the PST-producing strain caused inflammatory responses within the digestive gland and disrupted the daily biological rhythm of valve activity behavior. BECs may therefore have a significant harmful effect on the gills, which is one of the first organ in contact with the extracellular substances released in the water by A. minutum. Conversely, the PSTs impact the digestive gland, where they are released and mainly accumulated, after degradation of algal cells during digestion process of bivalves. This study provides a better understanding of the toxicity of A. minutum on oyster and highlights the significant role of BECs in this toxicity calling for further chemical characterization of these substances.
(Aquatic Toxicology. vol. 199, n° 0166-445X, pp. 188-198, 29/04/2026)
LEMAR, IRD, IFREMER, UBO EPE, CNRS, EPOC, EPHE, PSL, UB, INSU - CNRS, CNRS, IFREMER
Manganese incorporation in living (stained) benthic foraminiferal shells: a bathymetric and in-sediment study in the Gulf of Lions (NW Mediterranean)
Manganese geochemistry in deep-sea sediments is known to vary greatly over the first few centimeters, which overlaps the in-sediment depth habitats of several benthic foraminiferal species. Here we investigated manganese incorporation in benthic foraminiferal shell carbonate across a six-station depth transect in the Gulf of Lions, NW Mediterranean, to unravel the impacts of foraminiferal ecology and Mn pore water geochemistry. Over this transect water depth increases from 350 to 1987m, while temperature ( ∼ 13°C) and salinity ( ∼ 38.5) remained relatively constant. Manganese concentrations in the tests of living (rose bengal stained) benthic foraminiferal specimens of Hoeglundina elegans, Melonis barleeanus, Uvigerina mediterranea, and Uvigerina peregrina were measured using laser ablation inductively coupled mass spectrometry (laser ablation ICP-MS). Pore water manganese concentrations show a decrease from shallow to deeper waters, which corresponds to a generally decreasing organic-matter flux with water depth. Differences in organic-matter loading at the sediment–water interface affects oxygen penetration depth into the sediment and hence Mn pore water profiles. Mn∕Ca values for the investigated foraminiferal species reflect pore water geochemistry and species-specific microhabitat in the sediment. The observed degree of variability within a single species is in line with known ranges in depth habitat and gradients in redox conditions. Both the Mn∕Ca ratio and interspecific variability hence reflect past Mn cycling and related early diagenetic processes within the sediment, making this a potential tool for bottom-water oxygenation and organic-matter fluxes. Dynamics of both in-sediment foraminiferal depth habitats and Mn cycling, however, limit the application of such a proxy to settings with relatively stable environmental conditions.
(Biogeosciences. vol. 15, n° 1726-4170, pp. 6315-6328, 29/04/2026)
LPG-ANGERS, LPG, UA, UN UFR ST, UN, INSU - CNRS, CNRS, EPOC, EPHE, PSL, UB, INSU - CNRS, CNRS
Platinum in sediments and mussels from the northwestern Mediterranean coast: temporal and spatial aspects
Platinum (Pt) is considered a Technology Critical Element (TCE) and an emerging metallic contaminant with increasing release into the environment. Gaps in knowledge and understanding of environmental levels, fate and effects of Pt still exist, especially in the marine environment. This work presents Pt concentrations in the northwestern Mediterranean coast including: (i) temporal variability from sediment cores and farmed mussels in the Toulon Bay (historically affected by intense human activities) and (ii) spatial distribution from recent wild mussels collected along ~ 700 km coastline with contrasting ecosystems (including natural reserves), quantified using voltammetry and inductively coupled plasmamass spectrometry. The historical (>100 years) record of Pt in sediments from the Toulon Bay suggests the existence of non-negligible Pt sources older than those related to vehicle emission devices, such as petrol industry and coal-fired activities. A strong Pt increase in more recent sediments (from ~12 to 16 ng g 1) and mussels (8-fold increase from ~0.12 to 0.80 ng g 1) covering the past 25 years reflect the overall evolution of Pt demand in Europe (~20-fold increase for vehicle catalysts in 20 years). Spatial biomonitoring of Pt in mussels along the northwestern Mediterranean coast is assumed to reflect intersite differences of Pt exposure (0.09e0.66 ng g 1) despite seasonal effect on tissue development. This study highlights the need for thorough and regular monitoring of Pt levels in sediments and biota from urbanized coastal areas in order to better assess the environmental impact of this TCE, including potential risks for marine organisms.
(Chemosphere. vol. 215, n° 0045-6535, pp. 783-792, 29/04/2026)
EPOC, EPHE, PSL, UB, INSU - CNRS, CNRS, BE, IFREMER, IRSN/PSE-ENV/SRTE/LRTA, IRSN/PSE-ENV/SRTE, IRSN