Au sein du laboratoire EPOC depuis trois ans, Jimmy Desnues accompagne les équipes de recherche dans la préparation et la réalisation de leurs missions de terrain. Entre prélèvements scientifiques, campagnes embarquées et opérations de carottage, il intervient dans des environnements naturels très variés, des vignobles aux estuaires, en passant par les forêts et le large.
©EPOC
Peux-tu te présenter ?
Bonjour, j’ai 30 ans et cela fait maintenant trois ans que je travaille au laboratoire EPOC. J’ai réussi mon concours d’assistant ingénieur (ASI) l’année dernière.
Je suis originaire d’Issoudun, dans le Berry. Après mon bac, j’ai poursuivi mes études à Albi, où j’ai obtenu une licence en Géographie et Environnement, puis à Vannes, avec un master en Ingénierie et Gestion des Ressources Côtières.
En dehors du travail, le rugby occupe une place importante dans ma vie. Je le pratique depuis mes 8 ans. Je suis passé par les centres de formation d’Albi et de Vannes et je joue encore aujourd’hui à Gujan-Mestras, en Fédérale 1.
Quel est ton travail au laboratoire EPOC ?
Je travaille au service terrain, un service commun qui accompagne les équipes de recherche dans la préparation et la réalisation de leurs différentes missions.
Nous intervenons dans des milieux très variés : vignes, forêts, plages, grottes, lacs ou montagnes, principalement en Nouvelle-Aquitaine. Nous pouvons également participer à des missions plus longues en plein océan ou à l’international.
Mes deux principales activités sont les campagnes de prélèvements dans le cadre de la mission SOGIR et le carottage continental.
La mission SOGIR représente une dizaine d’embarquements de quatre jours par an. Lors de ces campagnes, nous réalisons des prélèvements de sédiments, d’eau et de plancton, à différents moments des marées et sur quatre sites distincts.
L’autre volet important de mon activité concerne le carottage continental. Nous utilisons pour cela le carottier Amaury, un dispositif monté sur une échelle de six mètres qui permet, grâce à un système de percussion, d’enfoncer un tube dans le sol afin d’en prélever une carotte. Cet outil peut également être embarqué sur l’Astérie, le navire de l’unité, pour réaliser des carottages en milieu littoral ou estuarien.
Je participe aujourd’hui au développement de cet outil et je suis également investi dans le réseau métier RCCF (Réseau des Carotteurs Continentaux Français).
As-tu une anecdote marquante à raconter au cours d’une mission ou d’une opération de carottage ?
J’ai eu l’occasion de réaliser un carottage avec le carottier Amaury en présence d’Amaury lui-même, qui est à l’origine de ce système. C’est un ancien agent de notre laboratoire, qui approche aujourd’hui des 90 ans !
C’était assez marquant de pouvoir partager ce moment avec lui et d’utiliser un outil dont il avait lui-même imaginé le fonctionnement. Une belle rencontre entre l’histoire du laboratoire et les missions que nous réalisons aujourd’hui sur le terrain.
Quelles sont les principales contraintes ou les défis que tu rencontres lors des missions de terrain ?
La principale difficulté réside dans la polyvalence et la capacité à s’adapter à des domaines scientifiques très différents.
Le lundi, je peux être dans les vignes à Saint-Émilion pour relever des échantillonneurs passifs destinés à l’analyse chimique de l’air. Le mercredi, je peux réaliser un carottage sur l’estuaire de la Gironde dans le cadre d’une étude sédimentaire, puis le vendredi, assister des plongeurs sur le lac d’Hossegor pour le suivi des macroalgues.
Chaque mission a ses propres objectifs, ses contraintes et son environnement. Il faut donc savoir s’adapter rapidement aux besoins des équipes et aux conditions rencontrées sur le terrain. C’est aussi ce qui rend ce métier particulièrement varié et stimulant.
Si tu devais donner envie à quelqu’un de rejoindre l’équipe terrain ou le laboratoire EPOC, que lui dirais-tu ?
Je lui dirais que chaque journée et chaque semaine de travail sont différentes. Nous avons la chance d’évoluer dans des environnements naturels très variés, aux côtés de personnes passionnées et spécialisées dans leur domaine.
C’est un métier très enrichissant sur les plans technique, humain et intellectuel, qui permet d’apprendre constamment et de découvrir de nouvelles choses. Il offre également de belles occasions de voyager grâce aux missions menées sur le terrain.
Je me sens vraiment privilégié et heureux de faire ce métier.
Informations EPOC – octobre 2026