SO-Link

Southern Indian Ocean climate evolution and its global linkages

PALEO, Xavier CROSTA

Les projections du GIEC (RCP) indiquent que la température de la Terre augmentera de 1 à 5 °C d’ici 2100, principalement en raison de l’augmentation des émissions anthropiques de CO₂ et de gaz à effet de serre. Le réchauffement affectera particulièrement les océans polaires (par exemple l’océan Austral (SO)), qui absorbent la majeure partie du CO₂ d’origine anthropique. Ces changements sans précédent dans l’OS auront à leur tour un impact important sur les échanges gazeux entre l’océan et l’atmosphère (diminution de l’absorption de CO₂), la circulation océanique provenant de l’OS (diminution des stocks de nutriments) et la production/diversité biologique marine (diminution des stocks de phytoplancton) par le biais de téléconnexions entre les hautes et les basses latitudes, avec de fortes répercussions sur l’économie mondiale. Cependant, les scénarios RCP sont principalement limités par des données d’observation trop courtes pour couvrir l’ensemble de la variabilité climatique et, par conséquent, pour prévoir le changement climatique avec certitude. Dans cette optique, le projet SO-Link vise à étudier les conditions océaniques passées (températures de surface et des profondeurs, circulation océanique, stocks de nutriments) et les variations biologiques (productivité et état physiologique du phytoplancton) dans des états climatiques moyens plus chauds qu’aujourd’hui du Plio-Pléistocène, en tant qu’analogues des conditions futures. À cette fin, on utilisera des carottes sédimentaires facilement accessibles et bien conservées, prélevées en 2019 dans le secteur indien de l’océan Indien. Des analyses quantitatives, géochimiques et élémentaires innovantes seront menées sur les deux principaux groupes de phytoplancton de l’océan Indien (les coccolithes calcaires et les diatomées siliceuses), en s’appuyant respectivement sur l’expertise du candidat et de l’hôte (à l’UBx). Ces connaissances sont considérées comme hautement prioritaires par le SCAR, le GIEC, Horizon Europe et la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, et s’inscrivent dans le droit fil de la Décennie des Nations unies pour les sciences océaniques du programme de développement durable. Le projet SO-Link présente un intérêt scientifique, sociétal et politique évident et fournira aux parties prenantes (la Commission pour la conservation de la faune et la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR), par exemple) des informations uniques pour la protection globale de la biodiversité de la mer de Southern Ocean.

Financeur

Europe