SOFT

New molecular approaches to investigate the Southern Ocean (past) soft-tissue pump)

Johan ETOURNEAU

Le phytoplancton à tissus mous, tel que les haptophytes ou les cryptophytes, joue un rôle important dans l’écosystème de l’océan Austral en tant que premier niveau trophique, ainsi que dans le cycle du carbone, puisqu’il représente jusqu’à 50 % de la biomasse. Cependant, sa répartition actuelle dans l’océan Austral est mal connue, car peu d’études spécifiques ont été publiées à ce jour. On en sait encore moins sur leur répartition et leur évolution passées car, ces espèces non sédimentées ne produisant pas de coquilles, les études micropaléontologiques conventionnelles ne peuvent pas être appliquées. Dans cette étude, nous avons appliqué une nouvelle approche utilisant de l’ADN ancien (sedaDNA) préservé dans des carottes de sédiments marins holocènes bien datées, prélevées dans le nord de la péninsule Antarctique (NAP) où d’importantes proliférations de phytoplancton à tissus mous ont été observées, afin de retracer la répartition et la quantité de ces groupes au cours des derniers millénaires. Nous combinons le métabarcoding de l’ADN ancien (sedaDNA) à l’aide de séquences d’amplicons spécifiques aux eucaryotes de la région V9, aux isoprénoïdes hautement ramifiés (HBI), aux alcènes (indicateur de la glace de mer) et au gène TEXL86 (indicateur de la température sous-marine) afin (1) de déterminer la réponse et les processus d’adaptation des groupes de tissus mous aux changements climatiques passés au cours des derniers millénaires, (2) d’identifier les paramètres qui ont déterminé leur évolution passée et (3) d’obtenir des informations sur leur variation future. Ces données seront ensuite comparées à des reconstitutions antérieures issues de carottes de sédiments marins prélevées autour de la péninsule Antarctique.

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CNRS