DNAP2

DNA based primary producer reconstructions throughout the Holocene in the Northern Antarctic Peninsula)

PALEO, Johan ETOURNEAU

Le phytoplancton de l’océan Austral constitue la base d’un réseau trophique marin adapté aux conditions froides et est donc gravement menacé par le réchauffement climatique mondial actuel. En tant que pompe à carbone biologique active, il représente également un moyen très efficace de séquestrer le CO₂ anthropique. De plus, certaines espèces de phytoplancton synthétisent des composés spécifiques, tels que le diméthylsulfure (DMS), qui influent sur la formation des nuages, l’albédo et, par conséquent, le bilan radiatif de l’hémisphère sud. Malgré son importance écologique et climatique, l’évolution future du phytoplancton de l’océan Austral est très incertaine. Il est manifestement urgent d’acquérir des informations sur la capacité d’adaptation du phytoplancton de l’océan Austral à des conditions climatiques moyennes très différentes, en particulier lorsque le climat était plus chaud qu’aujourd’hui, et à des échelles spatiales plus larges. Dans ce contexte, les principaux objectifs de ce projet sont de mieux comprendre (i) quelles étaient les dynamiques des différents groupes et espèces de phytoplancton dans le NAP au cours de l’Holocène, en particulier pendant les phases de transitions climatiques rapides, (ii) quels facteurs contrôlaient ces dynamiques et dans quelle mesure les écosystèmes marins régionaux et le climat étaient affectés (par exemple, CO₂, DMS) et (iii) quelles leçons nous pouvons en tirer pour l’avenir. Grâce aux récentes avancées technologiques, il est désormais possible d’étudier ces groupes de tissus mous avec un niveau de détail sans précédent (au niveau de l’espèce) en recourant à une nouvelle approche moléculaire combinée. En effet, le phytoplancton synthétise des composés organiques spécifiques, en particulier l’ADN, qui résiste relativement bien à la biodégradation lors de son transport de la surface vers les sédiments ainsi qu’à la diagenèse. L’association de ce puissant outil génétique avec d’autres traceurs organiques tels que les acides gras, certains alcènes spécifiques aux diatomées (isoprénoïdes hautement ramifiés, HBI), les stérols des diatomées et les outils micropaléontologiques nous permettra ainsi de caractériser avec précision, tant sur le plan qualitatif que quantitatif, la réponse de ces groupes/espèces aux changements climatiques et environnementaux survenus au cours des derniers millénaires.