ANR NIGHT-SIGN

ANR NIGHT-SIGN

LPTC, Éric Villenave

L’Organisation mondiale de la santé a reconnu que la pollution atmosphérique constitue un problème majeur de santé publique à l’échelle mondiale. Les politiques de lutte contre la pollution se sont avérées efficaces pour réduire l’exposition aux polluants primaires, mais le sont beaucoup moins pour la pollution secondaire. Cela souligne la nécessité d’une compréhension approfondie des processus chimiques atmosphériques. Les recherches précédentes visaient à caractériser les processus diurnes, alors que de nombreuses études ont mis en évidence la nécessité de prendre en compte la chimie nocturne dans les problématiques de qualité de l’air. Pendant la nuit, la chimie atmosphérique est principalement gouvernée par le radical nitrate (NO3) qui contribue à l’oxydation des composés organiques volatils (COV). Cette chimie génère des aérosols organiques secondaires qui affectent la qualité de l’air et le climat, mais aussi des nitrates organiques, réservoirs d’azote réactif qui affectent les bilans de NOx et d’ozone aux échelles régionale et mondiale. Malgré ces impacts, l’étude de la chimie nocturne urbaine reste très limitée. Le projet NIGHT-SIGN coordonné par le LISA et conduit avec IRCELYON et EPOC comme partenaires propose une approche originale qui couple des expériences en laboratoires, des observations en air ambiant et de la modélisation pour mettre en évidence la chimie nocturne et son impact sur la qualité de l’air dans les zones urbaines. Il vise à répondre à deux questions : Existe-t-il des signatures chimiques caractéristiques de la chimie COV-NO3 ? Quel est l’impact de cette chimie sur la qualité de l’air, et que sera-t-il dans le futur dans un contexte de réduction des émissions de NOx ? Des expériences seront réalisées en chambre de simulation afin de mettre en évidence des signatures spécifiques de ces processus. Ces signatures seront ensuite recherchées dans l’environnement urbain parisien, sur la Tour de Romainville. Un modèle de chimie-transport sera finalement utilisé pour évaluer l’impact actuel et futur de cette chimie sur la qualité de l’air.