Valérie Langlois, experte en écotoxicogénomique, titulaire d’une Chaire de recherche du Canada et membre du Collège de la Société royale du Canada répond à nos questions.
©Valérie Langlois 2024
Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis Valérie Langlois, experte en écotoxicogénomique, titulaire d’une Chaire de recherche du Canada et membre du Collège de la Société royale du Canada. Je co-préside le Comité consultatif scientifique indépendant sur les produits antiparasitaires de Santé Canada, ce qui me permet donc d’être à l’avant-garde des changements sur la réglementation des pesticides au Canada. Je préside la NASCE (North American Society for Comparative Endocrinology) et mène un projet pancanadien sur l’ADNe et l’ARNe, ayant établi la première norme internationale pour analyser l’ADNe à l’aide de la technologie PCR en temps réel (qPCR). Auteure de livres pour enfants portant sur la sensibilisation du public à différentes questions environnementales, je totalise plus de 95 articles scientifiques et encadre de nombreux doctorants.
Pouvez-vous nous expliquer en quoi consistent vos recherches et quels sont leurs objectifs ?
Chaque année, un million de tonnes de plastiques se retrouvent dans les océans, générant des microplastiques et nanoplastiques aux impacts environnementaux et sanitaires préoccupants. Mon projet vise à développer une méthode non-invasive basée sur l’ARN environnemental (ARNe) pour évaluer la toxicité des nanoplastiques sur les bivalves et leur santé.
Les objectifs scientifiques sont les suivants :
- évaluer la pollution plastique du sel marin à l’Ile de Ré,
- caractériser les mécanismes d’action des nanoplastiques extraits du sel de mer sur les bivalves filtreurs en étudiant la suite classique de biomarqueurs développés par l’équipe,
- déterminer l’impact de la relation température/ nanoplastiques sur la santé des huîtres,
- développer un nouveau critère d’évaluation de la santé des bivalves,
- comparer la toxicité des nanoplastiques extraites du sel de mer aux nanoplastiques polymères commerciales et biosourcées sur la physiologie des bivalves filtreurs.
Quels résultats ou impacts concrets espérez-vous atteindre avec vos recherches, à court et long terme ?
À court terme, ce projet permettra de former une étudiante en écologie moléculaire et écotoxicologie dans le cadre d’un programme de bidiplomation entre l’INRS et l’Université de Bordeaux. A long terme, ce projet de recherche souhaite informer les producteurs de sel sur les niveaux de nanoplastiques associés au sel marin récolté. Les résultats seront vulgarisés auprès de la société civile et d’acteurs locaux comme le Parc naturel marin du Bassin d’Arcachon, la Section Régionale Conchylicole, l’Agence de l’Eau Adour-Garonne et le Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon…
Qu’est-ce qui vous a motivée à collaborer avec le laboratoire EPOC et quel enrichissement cela a-t-il apporté ?
La collaboration avec le laboratoire EPOC a été motivée par l’expertise de la professeure Magalie Baudrimont, spécialiste des impacts toxiques des nanoparticules sur les organismes aquatiques. Cette coopération a enrichi mes recherches sur la pollution plastique et ses effets sur la biodiversité.
Information janvier 2025 – EPOC