Dans le contexte actuel d’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, les récifs coralliens font partie des poumons les plus efficaces de notre planète. Ces écosystèmes côtiers, bien que victimes des changements globaux, sont également de formidables outils pour la compréhension du fonctionnement de la pompe à CO2. Les coraux, à travers la composition géochimique (13C) de leur squelette, peuvent être utilisés comme marqueur de la variabilité du 13C du carbone inorganique dissous (13C-DIC), indicateur de l’absorption océanique du CO2 atmosphérique. Une étude précédente sur les coraux de l’atoll de Clipperton a montré que le 13C corallien présentait en plus de la variabilité séculaire, liée à l’augmentation de la concentration en CO2 atmosphérique d’origine anthropique, des variabilités interannuelles à décennales. À ces échelles de temps il est donc important de comprendre quels sont les mécanismes physiques faisant varier le 13C afin de mieux contraindre leurs potentiels impact sur le taux d’absorption océanique et in fine de pouvoir prédire comment la capacité de l’océan à absorber du CO2 anthropique pourrait évoluer dans le futur. Le projet de preuve de concept COMODO-Clipp propose (i) d’utiliser un nouveau traceur, le 15N de la matière organique liée à la matrice minérale du corail, qui, couplé aux données de 13C, permettrait de contraindre l’origine des variabilités du 13C aux échelles interannuelles à décennale, (ii) d’utiliser le modèle iLOVECLIM, modèle de climat couplé de complexité intermédiaire, afin d’étudier les différents mécanismes impactant la variabilité du 13C et de regarder comment ces processus influencent la variabilité passée et future du taux d’absorption océanique. Une fois validée, cette approche pourra être appliquée dans des zones clés de différents océans tropicaux ce qui permettra de mieux appréhender l’évolution passée, présente et future du taux d’absorption océanique.
COMODO-Clipp
COmparaison MOdèles et DOnnées et approche combinée d13C et d15N des coraux de Clipperton (COMODO -Clipp)
Emilie Dassié; PALEO
Financeur
CNRS