OMAN

Oman

J. Etourneau; PALEO

Au cours du Quaternaire, les variations d’insolation reçues au niveau des basses latitudes du continent africain et du Moyen Orient ont régi la dynamique de la mousson dans ces régions engendrant ainsi la récurrence de périodes d’intenses précipitations. Ces périodes humides se caractérisent par une transformation majeure du cycle hydrologique favorisant le développement de vastes réseaux fluviatiles, de lacs, de la faune et flore tropicales dans des régions parmi les plus désertiques à l’actuel (Sahara, Péninsule Arabique). Ces changements de paysages ont également facilité la dispersion de populations humaines en fournissant des couloirs de verdures à travers la ceinture désertique Saharo-Arabe. Dans le contexte actuel de réchauffement, les mécanismes et réponses environnementales associés à ces périodes humides ainsi que leurs transitions avec des états d’aridité extrême demeurent cruciaux à comprendre afin d’améliorer les projections climatiques de ces régions du monde particulièrement vulnérables. Toutefois, bien que fortement étudiées et discutées sur le continent Africain, ces périodes humides demeurent encore peu documentées au niveau du Moyen-Orient. Ceci est très probablement lié à la difficulté de trouver des archives climatiques permettant de reconstruire les changements passés du cycle hydrologique de façon continue et à haute résolution temporelle dans ces régions climatiquement hostiles à l’actuel. En 2021, lors d’une mission de terrain exploratoire, deux séquences sédimentaires paléo-lacustres ont été découvertes au nord et au sud Sultanat d’Oman. Ces deux séquences inédites d’échelles pluri-métriques localisées dans des régions désertiques du Nord et Sud du pays ont été échantillonnées ponctuellement. Des argiles, coquilles de mollusques, macro-restes végétaux et indices archéologiques ont pu être identifiés dans les sédiments confirmant leur contemporanéité avec une période humide passée. L’objectif du projet OMAN est, à partir d’une étude préliminaire basse résolution mais multi-proxy combinant traceurs organiques, inorganiques et datations, de confirmer le potentiel de ces séquences sédimentaires pour reconstruire les périodes humides passées de façon inédite dans cette région, d’en contraindre les cadres temporels et d’en réaliser les carottages. La réalisation de ce projet de catégorie dite « à risques », en plus de permettre d’obtenir deux archives continues uniques à étudier ultérieurement à haute résolution dans le cadre d’un projet de plus grande envergure (type collaboratif), servira également de tremplin à la mise en place d’un partenariat sur le long-terme avec les collaborateurs omanais et étrangers.